Le Dialogue de Tanger : à la recherche d’une nouvelle Lumière partagée dans l’esprit de l’Andalousie médiévale

Quatre-vingts hauts représentants politiques, universitaires, journalistes, chefs d’entreprise et intellectuels du monde entier ont lancé le Dialogue de Tanger afin de réfléchir à des moyens d’améliorer les relations entre le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Occident dans le cadre d’une série de Jalsas (« session » en arabe), dans le style des discussions libres et ouvertes entre érudits, philosophes et théologiens de l’Andalousie médiévale.

 

À l’invitation du Projet Aladin, en partenariat avec le ministère marocain des Affaires étrangères et l’Alliance des civilisations des Nations Unies, un groupe de penseurs et de leaders d’opinion d’Afrique, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord et du Sud s’est réuni à Tanger, au Maroc, les 9, 10 et 11 juin 2022, pour discuter de l’avenir des relations entre l’Occident et le monde arabo-musulman.

Le Dialogue de Tanger est une réunion annuelle qui vise à explorer la manière dont les facteurs économiques et géopolitiques, les perturbations technologiques et les développements culturels façonnent les tendances et les politiques ayant un impact direct sur les relations entre l’Occident et le monde arabo-musulman. L’objectif est de proposer des stratégies, des cadres et des initiatives multilatérales susceptibles de contribuer à la coopération internationale et régionale en s’attaquant aux vecteurs de la violence extrémiste, des conflits et de la haine.

La conférence de lancement a été ouverte par Leah Pisar, présidente du Projet Aladin ; Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères et Miguel Ángel Moratinos, sous-secrétaire général des Nations Unies et Haut Représentant de l’Alliance des civilisations, en présence de plus de 80 hauts représentants de gouvernements, de ministres, de responsables d’organisations internationales et régionales, d’intellectuels, d’entrepreneurs, d’universitaires, d’artistes et de journalistes de 30 pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique du Nord et du Sud.

 

Moussa Faki, président de la Commission de l’Union africaine et ancien Premier ministre du Tchad, a prononcé un discours d’ouverture au nom de son organisation. Le Cheikh Khalid bin Ahmed Al Khalifa, conseiller pour les affaires diplomatiques de Sa Majesté le Roi Hamad bin Issa Al Khalifa du Bahreïn ; le Cheikh Dr Ali Rashid Al-Nuaimi, président du comité de la défense, de l’intérieur et des affaires étrangères du Conseil national fédéral des Émirats arabes unis et le ministre gambien des Affaires étrangères Mamadou Tangara se sont exprimés au nom de leurs gouvernements respectifs. Le prince héritier d’Oman et le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères d’Éthiopie ont envoyé leurs ambassadeurs au Maroc pour les représenter pendant les deux jours de discussions.

D’éminentes personnalités ont pris part à l’édition 2022 du Dialogue de Tanger parmi lesquelles André Azoulay, conseiller de Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc ; José Luis Rodriguez Zapatero, ancien Premier ministre espagnol ; Enrico Letta, chef du Parti démocrate italien et ancien Premier ministre du pays ; Nasser Kamel, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée ; Amr Moussa, ancien secrétaire général de la Ligue arabe et ministre des Affaires étrangères égyptien ; Mohamed Abdelsalam, secrétaire général du Haut Comité pour la Fraternité humaine et secrétaire général du Conseil des sages musulmans ; Efraim Sneh, ancien ministre de la Santé et des Transports et parlementaire israélien ; Nadia Fettah, ministre marocaine de l’Économie et des Finances ; Leila Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable ; Éric de Rothschild, cofondateur du Projet Aladin et président du Mémorial de la Shoah ; Armin Laschet, ancien ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie et leader de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne, aujourd’hui vice-président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ; Michaëlle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada et secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie ; Nabil Fahmy, doyen de l’université américaine du Caire et ancien ministre égyptien des Affaires étrangères ; Abe Radkin, directeur exécutif du Projet Aladin, et Ahmed Abbadi, secrétaire général de la Ligue Mohammadia des savants du Maroc.

Plusieurs chefs d’entreprise étaient présents au Dialogue de Tanger tels que Ylias Akbaraly, président du groupe Thomson-Sipromad ; Frederik Paulsen, président honoraire de Ferring Pharmaceuticals ; Makonnen Asmaron, président du groupe Piccini, ainsi que Omri Gainsburg et Amy Sloane-Pinel de Meridiam, qui représentaient leur PDG Thierry Déau.

 

L’ancienne directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova ; le Cheikh Khalid bin Khalifa Al Khalifa, président du conseil d’administration du King Hamad Global Center for Peaceful Coexistence ; le directeur exécutif du Washington Institute, Robert Satloff ; Adama Dieng, ancien conseiller spécial du secrétaire général pour la prévention du génocide aux Nations Unies et Malcolm Hoenlein, vice-président exécutif de la conférence des présidents des principales organisations juives américaines, étaient également présents. L’ambassadeur Lee Wolosky, envoyé spécial du président Obama et, jusqu’à récemment, conseiller juridique du président Biden ; Lord Wolfson, pair conservateur et ancien ministre britannique de la Justice, ainsi que Tahar Ben Jelloun, auteur et poète franco-marocain de renom, figuraient également parmi les participants.

Parmi les journalistes qui ont participé au Dialogue de Tanger étaient présents le vétéran saoudien Othman Al Omeir, rédacteur en chef d’Elaph et ancien rédacteur en chef d’Al-Sharq Al-Awsat ; Roger Cohen, du New York Times ; Tony Barber, rédacteur en chef Europe du Financial Times ; Renaud Girard, éditorialiste international en chef du Figaro ; Naoufer Ramoul, journaliste et présentatrice à Dubai TV ; Yves Kugelmann, rédacteur en chef de l’hebdomadaire suisse Tachles ; Hatim Betioui, journaliste à Ash Sharq Al-Awsat, et Abdullah Mohamedy Bah, directeur des médias mauritanien et spécialiste du Sahel.

Plus de 60 médias marocains et internationaux ont couvert la conférence. L’événement a ainsi bénéficié d’une couverture particulièrement large à la télévision, à la radio et dans les journaux arabes.