skip to Main Content

Le Brexit et l’industrie pharmaceutique : fin d’une longue saga ?

Nous voilà à une nouvelle étape concernant le brexit et l’industrie pharmaceutique. Après son succès éclatant lors des élections législatives anticipées le 12 décembre lui garantissant 365 sièges sur 650 le bouillonnant premier ministre Boris Johnson semble avoir les coudées franches pour tenir sa promesse de mettre en œuvre le Brexit. Huit jours plus tard, les députés britanniques lui ont apporté leur soutien initial à cet accord. Par 358 voix pour, et 234 contre.

Grâce à ce vote, une première étape décisive a été franchie au Parlement. Mettant sur les rails la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 janvier 2020. Un divorce qui met fin à plus de quarante-sept ans de mariage difficile. Mais surtout à plus de trois ans de psychodrame ayant suivi le référendum de 2016.

Après l’adoption par la chambre des communes, et des lords, la reine Elisabeth II a promulgué le projet de loi le jeudi 23 Janvier. La dernière étape sera la ratification par le parlement européen le 29 janvier pour que le Royaume-Uni sorte de l’Union européenne le 31 janvier 2020. La date officielle du divorce donnera, en effet, le coup d’envoi d’une période de négociations au pas de charge pour nouer un accord de libre-échange.

 

brexit et l'industrie pharmaceutique

Le début d’un processus complexe

Même si la situation parait idéale pour Boris Johnson, il ne faut pas croire pour autant qu’il est sorti du bourbier du Brexit. Pour l’UE, ce n’est que le début d’un long processus, très compliqué et à la durée incertaine.

En effet, une fois le divorce acté fin Janvier, va alors s’ouvrir une longue période de transition. Période durant laquelle Londres et Bruxelles devront négocier le cadre précis de leur future relation. Pour Boris Johnson, le Withdrawal Agreement Bill (WAB), qui doit permettre de transposer dans la loi les termes de l’accord de retrait négocié entre Londres et Bruxelles, doit être achevé au plus tard fin 2020. Alors que l’UE juge ce calendrier « très ambitieux » prévenant qu’elles pourraient même durer plusieurs années.

 

Des promesses de campagnes

Déjà, Boris Johnson se projette dans l’après-Brexit et promet de transformer en profondeur le Royaume Uni. Parmi ses promesses de campagne, figurent le service public de santé, l’immigration, l’éducation, et la défense :

  • Améliorer le service public de santé en augmentant ses moyens. Boris Johnson s’engage à augmenter le budget du service public de santé. Et de l’ordre de 33,9 Milliards de livres par an d’ici 2023-24, rompant avec neuf ans d’austérité. Rappelons que le service public de santé, (NHS) cher au cœur des Britanniques, enchaîne les déficits depuis plusieurs années
  • Restreindre l’immigration de personnes peu qualifiées et attirer les personnes les meilleures et les plus brillantes du monde entier. Cela en mettant en place une nouvelle législation sur l’immigration qui utilisera un système par points qui favoriserait les talents les plus brillants
  • Améliorer l’éducation en investissant 100 milliards de livres dans les infrastructures et la technologie.
  • Finalement et ce n’est pas le moindre, Johnson s’engage à un réexamen de la politique de défense et de sécurité du royaume et de sa place dans le monde. Un réexamen qui impliquera l’armée, les services antiterroristes et les services de renseignement.

 

Et qu’en est-il de l’industrie pharmaceutique ?

Symbole de la rupture entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, le déménagement en mars dernier de l’Agence Européenne du Médicament (EMA) fut l’une des premières illustrations concrètes du Brexit.

Outre-Manche, le gouvernement de Boris Johnson n’a pas exclu des pénuries de médicaments, au moins à court terme, bien que les industriels se préparent depuis plusieurs mois, en augmentant les stocks pour plus de 6 mois pour certains médicaments.

Rappelons aujourd’hui que le royaume Uni exporte 45 millions de boites de médicaments vers l’Union européenne chaque mois et en importe environ 37 millions en provenance de l’UE.

Après le Brexit, les laboratoires devront respecter une réglementation stricte ; en effet, la législation européenne exige que les titulaires des autorisations de mise sur le marché (AMM) délivrées par l’EMA soient établis dans l’UE.

De même, selon les experts, les contrôles accrus dans les ports et aux frontières retarderont le transport des médicaments, mais aussi des composants chimiques nécessaires à leur fabrication.

Par ailleurs, les « libérations des lots » (contrôles de qualité) des médicaments fabriqués au Royaume-Uni devront également être réalisées sur le continent puisque celles opérées outre-Manche ne seront plus valables.

 

Facture salée du BREXIT ?

Selon un économiste de Bloomberg Economics, depuis le vote du Brexit en 2016, ce dernier aura coûté plus de 200 milliards de livres d’ici la fin 2020. Soit presque le montant total que le Royaume-Uni a versé au budget de l’Union européenne au cours de ces 47 dernières années. En 2021, le coût total du Brexit au Royaume-Uni devrait donc dépasser la participation totale du pays au budget de l’Union Européenne.

Ironie du sort : le poids de cette contribution annuelle était pourtant l’un des arguments mis en avant par les partisans du “leave”.

 

Le Brexit et l’industrie pharmaceutique : une gifle pour l’UE ?

Disons que l‘union européenne n’a pas seulement été incapable de prévoir le Brexit. Elle n’a eu de cesse d’en nier la réalité, se raccrochant en vain et cela durant trois années. Cela depuis le référendum à l’idée selon laquelle les britanniques changeraient d’avis, de sorte que le Brexit n’aurait pas lieu.

C’est le contraire qui s’est passé ! Les britanniques ont toujours confirmé, quand la parole leur a été rendue (élections 2019), leur souhait de sortir de l’UE.

Seul l’avenir nous dira si nos voisins outre Manche ont eu raison de voler de leur propres ailes et d’assumer leur divorce de l’UE.

Back To Top